C’est une Barbara vivante que Didier Varrod a choisi de mettre en scène ici. Espiègle, pleine d’humour même lorsqu’il s’agit de sujets graves : c’est ainsi que l’auteur l’a connue, c’est ainsi qu’il la restitue. Non pas « une grande dame de la chanson mais une femme qui chante » comme elle aimait le préciser. Dans sa vie, comme dans ses chansons, Barbara est sensible au fracas du monde. Ses combats sont à l’ordre du temps. Vivante, pas canonisée. Et pour mieux incarner sa présence aujourd’hui, l’auteur a invité des personnalités à lui écrire comme si elle était là : Jean-Michel Boris, Christian Lacroix, Juliette Gréco, Léos Carax, Marie Chaix, Jeanne Cherhal, Cabu, Georges Moustaki, Sona Rykiel, Luc Simon… Plus d’une vingtaine de contributions sous forme de lettres, de dessins, de photos constituent le second temps de ce Passion pas comme les autres. Livre édité avec France Inter. Auteur de plusieurs ouvrages sur la chanson dont La Douceur de changer avec Véronique Sanson (Plon, 2005) Le Roman de Daniel Balavoine (Fayard, 2006) ; Didier Varrod réalise pour la télévision des portraits (Julien Clerc, Claude Nougaro, Véronique Sanson, Olivia Ruiz…) et des documentaires autour de la chanson, dont le plus récent, «Chantons de droite à gauche» fut diffusé le 29 juin 2007 sur France 2. Il est aussi producteur et animateur de «Electron libre», émission dédiée aux musiques électroniques sur France Inter.
Critique de Clément, ZicStorien pour la rubrique chanson française :
Très bel hommage que celui rendu ici par Didier Varrod à Barbara, dans cette évocation d'une vie qui ne fut pas toujours - c'est le moins qu'on puisse dire - un chemin de roses. On est d'abord frappé par la qualité du choix iconographique, photos, dessins, cartes, etc. et de la mise en page, qui fait de cet ouvrage un véritable album. Le texte se veut autre chose qu'un simple récit biographique, il nous parle plutôt d'une époque, d'une amie, d'un père, d'un musicien... Depuis l'enfance agitée de la petite Monique Serf, les années noires de la guerre, passées sur les routes de France et de cachette en cachette parce que juive, puis les tout débuts à Bruxelles à la fin des années 40, jusqu'aux premiers succès à l'Ecluse, enfin la consécration dans les années 60 et la gloire jusqu'à sa mort en 1997, l'accent est mis sur les combats qu'a toujours menés Barbara, pour elle-même, pour survivre, mais aussi les engagements plus politiques (on se souvient d'un certain 10 mai 1981).
La bonne idée consiste aussi à publier une trentaine de lettres posthumes, comme autant d'hommages intimes, par des gens aussi divers que Leos Carax, Christian Lacroix ou Olivia Ruiz, qui nous disent ce que Barbara représente à leurs yeux. Bref, on ne trouvera pas dans cet ouvrage une biographie de Barbara en bonne et due forme, mais un portrait éclaté plus littéraire, plus personnel aussi, de la dame en noir.